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ATID Zaim

Exposition "Petits Formats": Novembre 2010

   
   
   
      



Zaïm ATID, artiste plasticien, France


JE VOUDRAIS BIEN PORTER LA TERRE EN EQUILIBRE SUR MA TETE...
Artiste délibérément comtemporain, il place son travail de plasticien à l'interface de l'humain et de son environnement,de l'être intérieur et de l'individu social .

"Je considére l'homme comme un puzzle de sentiments,un assemblage de qualités et de travers, de désirs et d'angoisses.Un ensemble perpétuellement aux prises avec les troubles de l'époque".

"Pour parvenir à mes fins, j'utilise les matériaux les plus divers : le carton,l'affiche lacérée,la tôle rouillée etc..."

"le collage doit disparaître sous mes transfomations. Ne doit demeurer in fine qu'une image de peinture".

Traducteur d'impressions et d'émotion, jonglant avec la matière, Zaïm ATID joue avec notre oeil, le trompant pour mieux le séduire. Il raconte la douleur d'une nature dévastée, d'une planète souillée, la dérive d'un monde dénaturé.

Martine SERRE

Cette analyse datant de 1967 s'applique étroitement à l'actuelle peinture d'Atid, pour plusieurs raisons. A l'évidence il reste à jamais marqué par la meilleure peinture française des années 1960 - et postérieures- , mais encore faut-il préciser laquelle ; car il est bien trop sommaire de confusément l'étirer entre Nouveau Réalisme et Nouvelle Figuration . D'abord , il eût fallu pour cela que le premier de ces courants existât ailleurs qu'en l'esprit de P. Restany , qui groupa d'autorité sous cette aile artificielle des artistes bons mais fort divers , dans le seul but - gaullien - de résister au torrent médiatico-plastique du Pop Art Américain ; de cette pseudo-école française , notre plasticien a gardé surtout la leçon - remarquable alors - des meilleurs affichistes européens :  Fr. Dufrêne , R. Hains , M. Rotella , J. de La Villeglé , panaché du matiérisme grenu d'un autre grand d'alors, A. Tapies.
C'est dire que du prétendu Nouveau Réalisme , Atid ne retient qu'une partie , et en celle-ci , la seule forme plastique : matériaux métalliques rouillés , découpés-déchirés-recollés , enduit préparatoire de ciment râpeux sous la couche picturale , etc.; et plus encore , cette pure technique ne concerne vraiment  qu' une partie minoritaire des travaux du peintre , celle régie par l'exploration plastique , la recherche de l'effet de matière ; ainsi avec TQ , avec BHL  aussi . Et cette dernière oeuvre surtout distingue nettement Atid du Dufrêne ou La Villeglé - ceux-ci moins soucieux du contenu signifié que de la forme plastique - pour le rapprocher de la Nouvelle Figuration si l'on veut (autre école supposée , peu homogène , et surtout titre de deux expositions de 1961 et 1962 ) et bien davantage de la figurtion narrative : genre véritable , efficace , durable du milieu des années 1960 jusqu'à aujourd'hui . E. Arroyo , G. Fromanger , J. Monory - pas moins . Car comme les oeuvres de ces peintres , BHL dit quelque chose , tient un discours ; en ce gros cylindre fatigué aux claires initiales , on peut imaginer du pétrole ou des ordures....
Semblablement Le chantier décrit bien le travail manuel de nos jours , " le boulot "  très technique , assez sûr et propre , toujours un peu urgent , ni sinistre ni gai : pas très marrant ; tandis que Train d'état montre l'ivresse : la consommation , plutôt agréable , en une rue très commerçante et animée où l'Etat , en notre économie si développée , touche 20% du prix de tout ce qui se vend.
Tant par le discours sociologique à la fois lucide et distancé , que par la touche colorée en aplats gras et larges , c'est aux toiles de Fromanger que les huiles avec collages d' Atid ressemblent le plus : autrement dit , notre peintre n'évoque les baudruches néo-réaliste et néo-figurative qu'en raison de leur commune origine , dans la décennie 1960, avec l'excellente figuration narrative à laquelle Atid appartient réellement , et dont il reste un bon représentant actuel.
Le plus caractéristique ( et le meilleur , tant techniquement que par le discours plastique ) des figuratifs et narratifs reste bien sûr Monory, dont notre peintre se rapproche un peu en quelques tableaux comme Le dernier passant ; mais on sent qu'en cette voie - et à l'opposé de Chr. Hirsch , puissante représentante en Puy-de-Dôme  de la figuration narrative - , Atid s'efforce d'éviter la netteté discursive et le fini pictural du maître : rouille , collages et ciment disaient déjà le refus d'un certain accomplissement esthétique.
                                                      

 Richard Bucaille
 Critique d'art et commissaire d'expositions






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