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BELOUS Nikolaï

Exposition personnelle : " Inversion " Mars 2011

    
 
   
                                                                                      

Nicolaï BELOUS, artiste peintre, Ukraine

Les œuvres de Nikolai Belous occupent une place particulière dans la peinture ukrainienne moderne post-médiale. Ayant obtenu une formation académique fondamentale  en Europe, il a enseigné à l'université d'art environ huit ans; grâce à cette base, Belous a développé un langage artistique unique, résultat de ses réflexions sur les perspectives possibles de l'art contemporain. 

Déjà lors de sa première exposition personnelle, Nikolai Belous s’est présenté comme le maître avec un style artistique unique. Dans la série "La chasse" (2007, Tsekh) il a  utilisé des matériaux vidéo de chasse, qu'il a ensuite transformé  en «cadres» autonomes pittoresques.

Pendant les années suivantes, Nikolai Belous a présenté dans la galerie un certain nombre de projets spectaculaires mêlant l’intérêt envers les œuvres classiques du cinéma d’avant-garde  aux longs métrages et aux documentaires. Il choisit souvent les films des années 1920, et une attention particulière est accordée aux personnages héroïques et aux images qui peuvent révéler le thème des limites de la liberté de l'homme - à la fois sociale et biologique.

Belous a élaboré l'idée du projet «L'homme à la caméra » (2008) après avoir vu le film du même titre par Dziga Vertov (1927), où l'essentiel a été filmé à Kiev et était dedié à la vie quotidienne héroique de la nouvelle société. «La Nostalgie pour l'Homme» (2008) est dediée à Che Guevara; les célèbres photos d' Alberto Korda et les pelicules biographiques, où la personalité charasmatique du revolutionnaire était glorifié furent la source de la série.

Nikolai Belous fût le premier artiste a commencer un projet à long-terme à la galerie Tsekh à Zaporozhie avec les présentations annuelles des expositions de la ville. Dans le série «Comment La Ville a Commencé» (2009), l'artiste a utlisé les pedicules de Dziga Vertov et Alexander Dovzhenko faites pendant les années 1920 et 30, propuslé par l'idée de creation. 

Dans le projet "Où est papa? J'ai faim "(2009), le peintre utilise les plans du film" vertical "(2005) d’ Evgeniy Yufit, le directeur néoréaliste russe. Le film, qui a été déclaré par les critiques comme l'une des meilleures réalisations du cinéma soviétique, dès la première projection, est un thriller de science-fiction à propos d’ expériences sur la création d'un nouvel être humain. Dans sa récente série "L'Insoutenable Légèreté de l'Etre» (2009), le peintre fait appel au film tiré du roman de Milan Kundera, tourné en 1988 par Philip Kaufman avec Juliette Binoche dans le rôle principal. C'est un genre de dédicace à l'actrice exceptionnelle que  l'auteur a rencontré pendant l’ouverture de l’exposition de Juliette Binoche dans la galerie Tsekh à Kiev.

La référence de Nikolai Belous au cinéma, déterminée par sa volonté de s'appuyer sur un prototype, un document, conduit naturellement à la production d’une série, une sorte de "storyboard", mais dénuée de toute narration. Le point de départ pour la peinture de Nikolai Belous est la tendance à utiliser et à repenser la composition et la lumière déjà trouvée dans une photo ou un film. La sélection du matériel  est basée sur le principe d'identification des formes les plus généralisées avec la possibilité d' abstraction, le but étant l'image fraîche, expressive et laconique, mais en même temps dépourvue de statique grâce au renforcement de raccourci et de mouvement.

A l’issu d’une longue recherche, Nikolai Belous a trouvé une teinte spécifique qui permet de généraliser l'image et de transmettre une impression de profondeur, évitant complètement la décoration. Un fond noir projette l'image d’une surface plane. En examinant la toile de près, la composition apparaît comme un mélange de taches de tons sourds avec des couleurs lumineuses. A bonne distance, le tout forme une image spatiale. Cet effet est dû au calcul exact de la composition du ton et des taches de couleur, leur saturation et leurs proportions.

La manière individuelle de M. Belous est le résultat d'une réflexion sur les destins de la peinture au XXe siècle. Pure surface expressive colorée, elle découle des hautes traditions de l'art classique et des découvertes du siècle dernier. Outre le besoin de repenser les méthodes du pop art,  Nikolai Belous inclut dans son système l’expérience picturale de l'art abstrait, en particulier de la peinture américaine des années 50, "peinture dans un  champs de couleurs." La tradition d’hyper-réalisme avec son arrêt de mouvement, sa capture des expressions faciales et des gestes, ses compositions d'encadrement intentionnel, est également importante.


Les œuvres de Nikolai Belous posent la question sur l’actualité de la peinture, la possibilité d'innovation dans le domaine des formes. Le conflit entre la peinture en tant que telle et l'art actuel emmerge inévitablement dans les années 1960. Joseph Kosuth a noté que la question de la nature de l'art peut et doit être posée, mais que c’est impossible pour la peinture. Redéfinition des frontières de l'art, leurs fluctuations anxieuses n'ont rien à voir avec la notion de la technique de peinture et des moyens stables d'expression. En outre, la peinture exige l'observation, par contre l'art actuel se concentre sur la déclaration de ce qui est  immédiatement perçu.

Une surface, une illusion de la réalité peuvent devenir un tableau dans la peinture moderne post-médiale. La mission de l'artiste en tant que témoin de la réalité persiste malgré le fait que la réalité d'aujourd'hui est complètement transformée par un homme, rempli de répliques, de simulacres, et  d'artefacts. On ne peut la toucher, subir l'expérience tactile. L’art aujourd'hui est un moyen de rendre une visibilité à la réalité. Au niveau formel, cela se réalise par le «retour» de la figuration, la réanimation de l’ampleur et des couleurs du «Carré noir» par Kazimir Malevitch - ce manifeste de la fin de la peinture. Au niveau sémantique, il renvoie la vie à la réalité converti par le cinéma en une ombre, un rêve. Cette réalité de cinéma manifesté par la peinture est dépourvue de tout temps défini, l'image combine à la fois lumière et ténèbres, saturation de la couleur pure et de la forme volumétrique.

La peinture actuelle est une transmission d’ idées par une technologie picturale. Elle est née au moment du contact de la déliate perception artistique avec la surface d’un tableau. Elle n'est pas morte, parce qu'elle possède une capacité unique à se réinventer. Elle démontre à plusieurs reprises ses possibilités inépuisables d'être un étalon de l’actualité artistique, de se transformer en un véritable événement d'art sans perdre ses qualités au fil du temps, sans besoin d'interprétation, et, en dépit d’un langage de plus en plus complexe, en fournissant une occasion de revivre encore et encore.

Nikolai Belous a développé un langage artistique concis - généralement adéquat à l'art contemporain – c’est simplement, la perception globale instantanée, couleurs vives et lumineuses. Mais en même temps ses «cadres» picturaux se réfèrent à la fonction de l'art la plus importante, la fonction originelle - examiner, scruter, attirer l'attention, et donc se trouver sous l’influence d’une émotion artistique véritable.

Oksana Barshynova,

Historienne de l’art