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BENNETOT Agnès

L'Art au Féminin : Avril 2006

  
   
   
   
                  





Agnès BENNETOT, artiste peintre, france

Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours aimé créer.J’avais besoin d’inventer des mondes, de raconter la vie en images, de bricoler, de récolter des trésors,  de jouer avec les matériaux et les couleurs. J’ai donc naturellement choisit la voie de la création artistique pour mes études.

J’ai obtenu ma licence à St Charles, la fac d’Arts Plastiques dépendante de Paris 1. Et dans la foulée j’ai réussi le CAPES en 1984, ce qui m’a permis de devenir professeur d’Arts Plastiques. Quelques années plus tard, en 1992, j’ai préparé et réussi l’Agrégation, parce que l’on a toujours à apprendre. En 1999, j’ai obtenu un DEA (on appelle cela un Master 2 maintenant) dont le sujet était  » La dialectique du féminin ».

Je suis devenue professeur d’Arts Plastiques dans un collège sans trop savoir à quoi cela correspondait. Et cela m’a plu : transmettre ce que l’on aime à des adolescents. Ce n’est pas un âge facile, à la croisée des chemins entre l’enfance et l’âge adulte, en rébellion et en quête de liberté. La création , les Arts Plastiques peuvent être un moyen de se chercher, de se découvrir et de se connaître. C’est un peu ce que j’essaye de faire.

J’ai mis au monde deux enfants, un bel acte créateur (et bien plus évidemment). Et c’est quand ils ont grandit un peu que j’ai réussi à concilier mon métier de professeur et ma création personnelle.


"Ma peinture parle de ma vie : elle serait aussi en quelque sorte une autobiographie. Ce qui m’arrive, ce que je ressens, mes rencontres, font le tissu de mes créations.

Je raconte de façon personnelle des évènements souvent universels : un deuil, une séparation, tomber amoureuse… Chacun ou chacune peut s’y retrouver, y voir une allusion, un ressenti, une émotion qui le concerne.

J’essaye de ne pas verser dans le pathétique. Je préfère donner une vision positive de la vie, de ses joies et de ses malheurs, une légèreté qui permette de supporter et de dépasser les épreuves.
J’utilise le concept du profondément léger, la profondeur de la matière, de la terre, du corps, des sentiments, de la douleur et la légèreté de l’air, de la séduction, de la parure, du bonheur.
Pour moi qui crée, qui raconte et qui montre, il y a bien sûr une dimension libératrice, cathartique, mais elle ne doit pas être étalage.

Le spectateur doit pouvoir y sentir, et même pouvoir y puiser une force de vie.
Je travaille avec des matières et des matériaux de toutes sortes (papiers, tissus, coquillages, rubans, os …), des couleurs( acrylique, pastels.), des signes plastiques plus ou moins figuratifs, qui peuvent devenir des symboles.

Et ces symboles peuvent devenir source de mythes. Voilà peut-être une manière d’envisager le rôle de l’artiste : « hisser l’ordinaire au rang de l’universel », faire que sa propre histoire devienne une mythologie.

La mythologie étant à comprendre comme une forme de récit de l’histoire des hommes… et même plutôt des femmes. Car ce que je montre est de l’ordre du féminin. Je veux défendre la liberté des femmes, si difficilement conquise et encore si fragile. Donner à voir la féminité à la façon d’une femme, de l’intérieur, avec force, violence mais aussi douceur et volupté. Et sortir de cette fragilité que la société se fait un devoir de « protéger ».

Une quête de son identité, pas si facile à entreprendre dans notre monde, particulièrement pour une femme artiste. Une quête d’individualité en rapport aux autres : différences et ressemblances, mais aussi appartenance à un groupe humain.

Là je prends et je défends des positions parfois visibles.

Si ma peinture n’est pas ostensiblement militante, elle n’est pas neutre.

Je défends la liberté des femmes et des humains contre la nouvelle barbarie qui nous désagrège, nous oppresse et nous manipule.

Si mes créations sont aussi prises comme antidotes, ce sera très bien."