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LE BRICQUIR Danielle

Art singulier - Janvier 2008

                  


Art singulier, art naïf - septembre 2013

            

  


      




Danielle LE BRICQUIR , Artiste peintre, France

Danielle LE BRICQUIR , vit et travaille entre la Bretagne et Paris

Sociétaire du Salon d’Automne
Membre de L'A.I.A.P. UNESCO

 

Un peintre pour re-enchanter le monde

« (…) je découpe dans un papier blanc innocent un oiseau blanc aux ailes déployées, et à peine si je souffle comme ça, il peut voler, fendre votre solitude, se poser sur votre table et vous regarder en camarade de ses yeux bleus qu’il s’agit maintenant précisément pour moi de peindre. »

Yannis Ritsos, De la sincérité, Athènes, 4 novembre 1985

 

"Il existe à l'intérieur de l'oeuvre de Danielle Le Bricquir cette quête permanente parmi leslieux d'enfance, les images de pureté originelle et de beauté native, l'art primitif, l'art populaire, les contes et légendes, les rites magico-religieux, les expressions vraiment enracinées dans une culture, dans un héritage historique..."

Pierre Souchaud, critique d'art. Fondateur de la revue ARTENSION

Les bonnes fées bretonnes lui ont-elles insufflé très tôt ce désir d’émerveillement qui ne l’a jamais quittée ? L’errance permanente en pays d’enfance dont témoigne sa peinture tendrait à nous le faire croire. A l’instar de Camille Claudel fascinée par les formes fantastiques des rochers de la « Hautée du Diable » peuplant le Tardenois de ses jeunes années, les géants de granit rose de Perros-Guirrec ont laissé une empreinte durable dans l’imaginaire si fertile de Danielle Le Bricquir. Le fol amour de Lancelot, Celtamorphose : La Fiancée des chemins creux, Au Pays des talus dressés, La Procession, La Nuit Celte, Le pays du Roi Morvan, L’Enfance d’Arthur, Retour de Pêche, Les Chants du Pays de ma Mère, La Fille du Magicien, Quand la Mer monte, Belle Rencontre sur les Terres Irlandaises, etc… : toute la déclinaison d’une culture totalement réinventée, « celtamorphosée » -pour reprendre une expression de l’artiste-, défile sous nos yeux et nous entraîne au royaume de Merlin. Royaume du « tout-possible » où les moyens plastiques reformulent un bestiaire celtique vraiment réjouissant, où chaque tableau poursuit une narration qui semble ne jamais se tarir… Et si tout n’y est pas aussi rose que le granit, tout y est enchantement, tout y est poésie…

A priori, rien ne prédisposait Danielle Le Bricquir à devenir la Fée Viviane de la peinture contemporaine. De son enfance rythmée par d’incessants allers-retours entre Paris et la Bretagne, elle conserve le souvenir récurrent de l’atmosphère angoissante qui sévissait dans la famille durant la Seconde Guerre quand son père, traqué par la Gestapo, se réfugia à Perros… Mais les véritables adversités viendront plus tard, quand les êtres chers disparaîtront prématurément… Adolescente imbibée de culture littéraire, la jeune-fille mûrit et se passionne pour l’écriture. Arrive « l’âge de raison ». Nombreux sont les articles et essais témoignant de son engagement pour la cause féminine, au cœur du combat mené par des milliers de femmes, combat couronné par la « Loi Veil » de 1975… Danielle Le Bricquir évoque avec émotion ces années militantes auprès de Gisèle Halimi. C’est durant cette « épique-époque » que tout bascule pour elle.

Son intérêt pour la peinture prend soudain une place prépondérante. Tout en perfectionnant sa maîtrise des techniques picturales auprès de Georges Arditti –ce dernier lui communique son admiration pour Balthus, Piero della Francesca et la Renaissance italienne…- elle travaille sans relâche, souvent dans des conditions difficiles. Une nuit, n’ayant ni toile ni papier sous la main, elle peint sur un morceau de bois. Une révélation ! L’aspect primitif de l’humble support et les déformations occasionnées par sa surface rugueuse provoquent un déclic dont elle se souvient encore aujourd’hui. Cette relation imprévue avec un matériau « pauvre » augure les bases de son langage pictural.

Les dés sont jetés : sa volonté farouche d’instaurer son propre vocabulaire plastique prend forme. Parallèlement, l’artiste se passionne pour Cobra, admirant particulièrement Cornelis Van Beverloo, dit « Corneille », l’un des fondateurs. L’expressionnisme parfois brutal et le chromatisme véhément de Cobra la séduisent au point de choisir pour sujet de thèse de doctorat « Le groupe pictural Cobra et l’écriture » (Presses Universitaires Septentrion Edit.)! Corneille et Niki de Saint-Phalle sont les deux imagiers des temps modernes qui n’ont cessé de l’éblouir. Nous sommes alors dans les années 80.

Tournant définitivement la page d’une figuration « classique » dont elle ne renie rien de son apport, Danielle Le Bricquir s’immerge dans un univers qui lui est propre. Aucun des gestes de la création contemporaine ne lui est étranger. L’artiste s’autorise les assemblages matiéristes de toutes sortes, mêlant aux pigments de couleur des éléments qu’elle récupère au hasard de ses pérégrinations. C’est la composition elle-même, au fur et à mesure de sa construction, qui lui dicte les matériaux nécessaires à sa réalisation. Toujours elle y manifeste une fantaisie rêveuse et rebelle, accumulant les trouvailles expressives, manifestant une étonnante richesse d’invention. La peinture de Danielle Le Bricquir excite l’imagination du spectateur et révèle un art dynamique, vivement coloré, dont la spontanéité gestuelle se plie aux exigences de la narration. A l’instar de Flaubert affirmant qu’ « il faut se bander les yeux et continuer son œuvre », elle fait preuve d’une véritable aptitude à la sublimation, laquelle lui permet de faire passer dans le registre du beau et du poétique –celui de l’œuvre d’art- ses angoisses humaines liées aux désordres du monde, aux drames produits par une société arrogante et contre-nature.

Voilà bientôt trente ans que toute sa force créatrice, Danielle Le Bricquir la met au service de son art, travaillant comme une forcenée pour magnifier un monde qui lui échappe, pour assouvir sa quête éperdue d’audace et de liberté….

Que des amateurs s’imprègnent de la poétique de son univers pictural, en partagent l’émotion, elle n’en demande pas plus.

Certains n’y verront que les illustrations de fabliaux puisés au babil des ruisselets qui sillonnent les méandres de l’enfance perdue, dans ce territoire où Plume d’Henri Michaux et la Ménagerie de Tristan de Robert Desnos se donnent rendez-vous. Quelque part, du côté de chez Brocéliande…

D’autres enfin, seront bouleversés par le sens profond de ces images, expression picturale d’une mélopée ininterrompue qui « retrouve en chacun de nous une humble et indicible Arcadie. » (Malraux, Les Voix du silence)

Noël Coret

Ecrivain d’Art

 

Danielle Le Bricquir est née à Paris en 1941.

Formation :

Histoire de l’art à l’Ecole des Beaux Arts de Paris
Peinture dans les ateliers de Cremonini et Arditi
Etudes littéraires à la Sorbonne : titulaire d’une thèse de doctorat :
“Le groupe pictural COBRA et l’écriture”, publiée aux éditions du Septentrion.

 

Sa propre mythologie


"Son enfance bretonne éblouie par les ex-voto, les poutres peintes et les sculptures polychromes de l’église de son village; plus tard ses voyages au Mexique, au Maroc, en Indonésie, au Sahara, en Nouvelle Calédonie; ses études d’ethnologie; et toujours sa fascination pour la culture celtique et le mouvement COBRA... Ainsi, existe-t-il, à l’intérieur de l’oeuvre de Danielle Le Bricquir cette quête permanente parmi les lieux d’enfance, les images de pureté native, l’art primitif, l’art populaire, les contes et légendes, les expressions de foi vraiment enracinées dans une culture, dans un héritage historique.

C’est donc au milieu de ce grand questionnement à la conscience collective que s’inscrit sa peinture comme voyage aux sources les plus intimes... C’est bien pour aller au plus profond de soi, que Danielle Le Bricquir sait éviter le raccourci anecdotique et la référence extérieure : sa peinture se nourrit et s’inspire librement d’elle-même, crée son propre langage, son propre mot à mot, sa propre humanité, sa propre mythologie... C’est une peinture où la narration imagée naît, de façon parfaitement aléatoire et nécessaire, de la couleur et de la matière mêmes..."

Pierre Souchaud. Critique d’Art. Ecrivain. Fondateur du magazine ARTENS!ON


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